« Au-delà des mille rayons »
 
Composition acousmatique, octophonie
Durée : 15’26"
Année de composition : 2019 
Date de création : 15 décembre 2019
Lieu de création : Théâtre le Marni, Ixelles
 


L'énergie contenue, le pas souple, la danse d'une Force autour d'un centre, dans un espace étriqué.
La Volonté étourdie ; le regard las, strié par les mille barreaux.
Le rideau des pupilles se lève, parfois, l'Image alors y pénètre.
Traverse le Silence et dans le cœur finit d'être.
 
Ca tombe, tranche, trace, tremble,
Ca roule, rompt, en rond, ça tourne
Ca marche et trébuche
Ca grince, ça chante
Ca berce, console et vibre
Ca s'éloigne
 et cesse


 
« Au-delà des mille rayons » est un geste musical inspiré par le poème « Der Panther ».
Si le poème de R.M.Rilke fut une des sources d’inspiration, la composition n’en est pas pour autant une illustration mais un essai d’abstraction d’images aussi fortes et expressives que celles véhiculées par ce poème.
Les images de ce texte m’ont conduite à chercher des stratégies compositionnelles afin d’en extraire les schèmes et les archétypes.
Une énergie contenue, évoluant autour d’un centre, d’un espace étriqué. Le regard « rythmé » par la succession des barreaux.
Les notions de l’enfermement et de l’échappée sont le moteur de cette pièce.
La préoccupation principale était de trouver des gestes qui au fur et à mesure permettaient d’ouvrir l’espace. Il s’agit alors de variations autour de ce thème de l’Echappée.
Bien entendu, le travail en octophonie s’impose car l’écriture de l’espace structure l’ensemble et est en étroite relation avec cette image du « fauve tournant dans sa cage ».
 
Si le début de la pièce est un espace pointilliste habité par des sons proches, l’espace s’ouvrira au fur et à mesure, d’abord par touches, par hésitations, des aller-retour du proche au loin rythment la progression de la pièce pour finir dans un état ou les différents espaces se répondent.
 



 

Der Panther
 
Im Jardin des Plantes, Paris
 
Sein Blick ist vom Vorübergehn der Stäbe
so müd geworden, daß er nichts mehr hält.
Ihm ist, als ob es tausend Stäbe gäbe
und hinter tausend Stäben keine Welt.
 
Der weiche Gang geschmeidig starker Schritte,
Der sich im allerkleinsten Kreise dreht,
ist wie ein Tanz von Kraft um eine Mitte,
in der betäubt eine großer Wille steht.
 
Nur manchmal schiebt der Vorhang der Pupille
sich lautlos auf -. Dann geht ein Bild hinein,
geht durch der Glieder angespannte Stille –
und hört im Herzen auf zu sein.
 
Rainer Maria Rilke, 6. 11. 1902, Paris




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« Cri de Merlin »       
 
 Hommage à C.G. Jung
 
      Brouillard, Nuages
Densité. Les petites figures émergent lentement, timidement
Motifs scintillants, se révèlent, imparfaits, chaotiques, elliptiques
"Des chaines d'or d'étole à étoile"
     Brouillard, Nuages, se dissipent
Respirent,  chantent
Espace ouvert
     Chaudron
Cris étouffés, douleur sourde
Rampent, amers, rugueux
Rires cyniques et mauvais
    Le souffle libéré
De l'obscurité des profondeurs
Légèreté, ample
    Calmes, les petites figures s'émancipent, libres de leur mouvement
Enjouées, se bercent ; couleur mélancolique.
Le regard tourné vers l'intérieur, balaye le
Proche, le loin,  vaste
     Rampant, lentement
Densité des cris
     Calme. Arrêt. Flottement
Apaisé
Douces empreintes laissées à l'abandon
 
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« Entre abstraction et lyrisme  » Ph. Mion
Mélange de timbres et de matériaux hétérogènes, changements d'états, passant du  « Brouillard-Nuage », espace rempli de toute part à l’ « Obscur », espace rampant;
« l'enjoué » chantant, offrant une liberté de jeu des mouvements spatialisés ; des mises en « Attente » et des moments d’ « Apaisement ».
L'évolution et les transitions sont fluides, ponctuées de moments de « Respirations » et de Climax.